Il était une fois dans l'Oued

 

Bien avant que le grand Clint ne s'aventure  dans l'ouest, nombreux furent les blidéens qui avaient passé de longues heures dans l'Oued. Clint jouait du colt et les blidéens du taouel.  L'Oued El kébir était le terrain de jeu  des gosses habitant dans les avenues qui le longeaient. Pour les autres gamins de Blida, cela représentait un lieu d'aventure inaccessible.  Des années durant, les lycéens de Duveyrier ont eu la chance de le  parcourir grâce aux heures de plein air pendant lesquelles Mr Roybier les emmenait jusqu'à Mimiche.

Mais cet oued que nous connaissions si discret savait aussi se rappeler à l'homme et parfois tragiquement. De nombreuses crues violentes jalonnent son histoire et celle de 1916 plus particulièrement.   Qui est-il exactement????

Selon que l'on préfère le merveilleux au réalisme, on choisira soit La légende de Sidi El Khebir ou alors on se contentera d'une version qui émet l'hypothèse d'un tremblement de terre qui l'aurait mis à jour au XVI ième siècle.

Sidi El Khebir, qui donnera son nom à cet oued,  est enterré dans le cimetière situé sur la rive droite de l'oued.

 

Le cimetière de SIDI KEBIR

Il n'y a pas exactement de source , il nait de la réunion de deux oueds qui ont récolté les eaux d'autres oueds moins importants : Belkrous, Taksebt, Taberkatchent et El Aïoun. Il sert de collecteur de l'eau de pluie et des sources de tout le thalweg. Cela explique ce caractère impulsif et violent lors de fortes pluies. Les conséquences sont immédiates sur Blida et sur la plaine comme en 1916.

Le cours de l'Oued n'est finalement pas très long; il va rejoindre assez vite l'oued Chiffa mais il joue un role important dans l'activité économique blidéenne puisqu'il est le moteur des moulins de la vallée.

oued (16).jpg

Ses eaux permettent aussi l'irrigation grâce à des canaux partant d'un barrage situé en amont de la ville.

Sur ce sujet, on peut relire  Histoire d'eau à Blida

 

Sur la carte d'Etat Major de 1901, on peut voir la référence à une passerelle qui traversait l'oued, la gravure qui suit nous en montre une mais il y a aussi la carte postale représentant une passerelle: laquelle est la bonne? Il semble que les deux aient franchies l'oued....

*****

De nombreux travaux d'aménagement du cours et de ses abords ont été nécessaires au fur et mesure que l'Oued manifestait son humeur.  En 1854 déjà, une crue sévère faillit emporter le tout récent abattoir (construit en 1845), il a fallu bâtir un mur pour le protéger.

Après la crue désastreuse de 1916, de nombreuses études ont tenté de juguler l'impétuosité de l'oued. On peut voir sur le document suivant de 1919, les études concernant la construction d'une digue (en rouge) le long de l'oued sur sa rive droite pour protéger la ville.

 On remarque sur ce plan qu'un petit pont existe en aval de celui qui est en cours de construction (par des prisonniers allemands selon certaines sources).

Sur la carte postale  suivante, datée de 1904, on peut voir l'ancien petit pont (Pont Boudan ??)

Sur la suivante, on remarquera que ce photographe a lui aussi attendu le passage d'une charette sur le pont pour déclencher la prise de vue.. A noter aussi à droite le canal.

 

ET voilà le nouveau pont construit en 1920, en aval duquel, il faudra ajouter 3 épis pour éviter que les tourbillons créés par l'eau à la sortie droite ne creuse et ne détruise l'assise des piles .

Sur la photo suivante, quand on voit le pont situé derrière l'abattoir avec seulement ce mince filet d'eau on imagine difficilement qu'en 1954 il fut presque recouvert par la crue.  Et pourtant!

 

 On ne peut  parler de l'Oued El Kébir sans faire aussi référence à certains écrits qui  avancent l'hypothèse que le lit actuel de l'Oued n'est pas celui des origines. D'après ces textes l'ancien cours de l'Oued passait dans l'avenue de la gare. Il aurait été détourné lors du tremblement de terre de 1825!!!

"L’avenue de la gare, qui n’était autrefois bordée que de quelques rares villas, emprunta dans son parcours le milieu de l’ancien Oued-El-Kébir qui probablement fut détourné par le grand tremblement de terre de 1825. Les deux berges sont très visibles. Sur celle Est se trouve  la route des Cinq Cyprés ( nom d’un haouch où fut livré par le 1ier Chasseurs d’Afrique un glorieux combat le 30 décembre 1839) et sur celle Ouest se trouve le chemin de traverse de Joinville ; on peut apercevoir encore, creusé dans cette berge, près du village, l’épaulement des fours qui servaient à l’alimentation du camp dit inférieur".

Commandant Rocas - Premier adjoint au maire de Blida