Blida et les oranges

C'est une  longue histoire commune entre la ville et le fruit. L'orange est implantée  par les Maures chassés d'Espagne au XVI ième siècle. L'oranger dont le fruit, en arabe, s'appelle "narandj", d'où le mot espagnol "naranja". On l'appelait aussi "tchina", le fruit de la Chine, double dénomination qui évoque le souvenir d'origines lointaines. Les orangers ont leurs titres de noblesse et continuent à être la parure principale du pays. La culture de l'arbre aux fruits d'or ne tarda pas à s'étendre dans le massif montagneux au dessus de Blida et jusque sur les déclivités dominant l'Arba et Rovigo, dans les replis abrités et arrosés par l'eau des sources grâce à la technique de l'irrigation apportée par les andalous.

L'orange fera le charme de la ville et inspirera maints visiteurs dont Alphonse Daudet:

"Pour bien connaître les oranges, il faut les avoir vues chez elles, aux îles Baléares, en Sardaigne, en Corse, en Algérie, dans l'air bleu doré, l'atmosphère tiède de la Méditerranée. Je me rappelle un petit bois d'orangers, aux portes de Blidah; c'est là qu'elles étaient belles ! Dans le feuillage sombre, lustré, vernissé, les fruits avaient l'éclat de verres de couleur, et doraient l'air environnant avec cette auréole de splendeur qui entoure les fleurs éclatantes. Ça et là des éclaircies laissaient voir à travers les branches les remparts de la petite ville, le minaret d'une mosquée, le dôme d'un marabout, et au-dessus l'énorme masse de l'Atlas, verte à sa base, couronnée de neige comme d'une fourrure blanche, avec des moutonnements, un flou de flocons tombés.

        

Une nuit, pendant que j'étais là, je ne sais par quel phénomène ignoré depuis trente ans, cette zone de frimas et d'hiver se secoua sur la ville endormie, et Blidah se réveilla transformée, poudrée à blanc. Dans cet air algérien si léger, si pur, la neige semblait une poussière de nacre. Elle avait des reflets de plumes de paon blanc. Le plus beau, c'était le bois d'orangers. Les feuilles solides gardaient la neige intacte et droite comme des sorbets sur des plateaux de laque, et tous les fruits poudrés à frimas avaient une douceur splendide, un rayonnement discret comme de l'or voilé de claires étoffes blanches. Cela donnait vaguement l'impression d'une fête d'église , de soutanes rouges sous des robes de dentelles, de dorures d'autel enveloppées de guipure...."  Les Oranges

 

Les orangeries de BLIDA et leur irrigation  en 1886 par Charles Joly, Vice président de la Société nationale d'Horticulture

ou encore  dans l'Afrique du Nord illustée là du 27/09/1924  et   du 23/01/1926

Le boulevard des orangers

Publicité parue dans le guide  La Chiffa de 1885