Le Boulevard Trumelet ou Boulevard des orangers

Aucun document ne permet de dater la mise en place des orangers sur le boulevard Trumelet;  les cartes postales qui le représentent nous montre des orangers mais sur certaines il semble que ceux-ci aient fait place à une autre variété (voir plus bas le texte de Mallebay).

Dans son livre "Cinquante ans de journalisme" Ernest Mallebay  raconte son arrivée à Blida en 1880 et  nous parle des orangers du boulevard.

À droite et à gauche de l'avenue, dans les vides laissés par les villas, vides qui n'existent plus aujourd'hui, j'avais aperçu des arbres à verdure sombre et piquetés de petites boules jaunes. C'était des orangers que je devais retrouver au cœur de la ville, dans la rue qui conduit à la place d'Armes. Mes yeux charmés se portaient tour à tour, de ces arbres chargés de fruits évocateurs des jardins enchantés de l'Orient, à la montagne coiffée de neige qui dominait la ville. Dans l'air limpide, elle paraissait si proche qu'il semblait qu'on eût pu l'atteindre en quelques enjambées.


---------Les Blidéens ont bien compris que l'arbre, aux fleurs d'argent et aux fruits d'or, est une joie pour le regard, et pour l'avenir de leur cité la plus originale des parures. Afin que les touristes puissent l'admirer à leur aise sans aller dans les jardins de la banlieue, ils avaient planté, dans l'artère principale, une double allée d'orangers devenus superbes avec les années. Cette allée était justement l'orgueil de la jolie cité. Jugez de l'émoi général lorsqu'un jour ces beaux arbres se mirent à dépérir sans qu'on sût exactement pourquoi ! Les horticulteurs consultés n'y comprenaient rien et ne purent conjurer le mal. Le dépérissement s'accentuait d'une saison à l'autre. Ils devinrent si languissants, si chétifs, qu'il fallut les arracher et, comme on craignait que toute plantation nouvelle de la même essence eût un sort pareil, on remplaça les orangers par des frênes.


---------Le résultat fut piteux : quelques journées de sirocco grillèrent les maigres panaches de feuillage que le printemps avait fait naître, les feuilles rouillées tombèrent, et les jeunes baliveaux ressemblèrent à des manches à balai.
---------Il fallut procéder au remplacement de cette plantation malencontreuse. Cette fois, la municipalité, mieux inspirée, ne s'obstinant pas dans une erreur et comprenant qu'il fallait abandonner les essences des pays du Nord, carrément revint aux orangers tant regrettés. Toutefois, et sur le conseil de gens compétents, elle planta, non des orangers greffés, mais des francs de pied qui offrent plus de résistance aux maladies parasitaires et dont les fruits immangeables par leur amertume, devaient rebuter la gourmandise des maraudeurs.

 

Extraits du Tell