Le  voyage de Napoleon  III à Blida en 1865

Compte rendu du voyage par Octave Teissier

dans l'Afrique du Nord illustrée

et dans le journal     l'ILLUSTRATION de 1865

Festivités organisées pour la venue de l'empereur Napoleon III à Blida

BLIDA

La porte Bab-El-Sebt à l'arrivée de l'empereur (1865)

 

C'était le deuxième voyage du Souverain en Algérie.

Sur cette porte transformée en Arc-de-triomphe, la cité des Hespérides avait tracé au fronton, le nom de l'empereur, avec des fleurs, des feuilles et des fruits d'orangers.

A ses trophées, à ses oriflammes, la ville avait, à profusion associé la fleur parfumée qui figure dans ses armoiries.

DANS LE BOIS DES OLIVIERS

Banquet donné par la compagnie P.L.M.

Le Marabout représenté, et qu'à l'occasion, surmonta une couronne impériale,  servit pour la circonstance de table de repos

Napoléon III  et les fraises de Blidah

L’ histoire avec un petit « h » aurait pu nous conter la rencontre de Napoléon III , Empereur des français , avec mon arrière grand-mère Jeanne Gourmès . Les faits m’ont été racontés par mon père qui les tenaient lui-même de son grand-père maternel Bernard Fiol qui épousa Jeanne .

En cette année 1865 l’Empereur Napoléon III rendait visite pour la deuxième fois à la province française d’Algérie . Le voyage qui devait durer un mois prévoyait une journée à Blidah où il devait se rendre en train et entre autres lieux visiter le Bois-Sacré . L’idée politique de « royaume arabe d'Algérie » que venait de lancer l’Empereur préoccupait beaucoup les colons grands et petits .

Bartolomé Gornès (ou Gourmès , les noms patronymiques à cette époque subissaient des évolutions orthographiques !) , père de Jeanne , était jardinier à Blidah où il produisait sur un petit lopin de terre fruits et légumes . C’était ce que l’on appelait en Algérie un « mahonnais » parce que originaire de l’île de Minorque dont la capitale est Mahon . Comme beaucoup de mahonnais il avait quitté son île natale dés les premières années de la conquête de l’Algérie et avait participé comme journalier aux travaux agricoles de mise en valeur des collines du Sahel algérois puis de la Mitidja. A force de labeur et de sacrifices il avait suffisamment économisé pour acheter sa terre et réaliser son rêve : devenir propriétaire.

Voulut-il démontrer à Napoléon III que la mise en valeur de l’Algérie était alors le fruit du travail des colons ? Certains le pensèrent ainsi .

Toujours est-il que ce beau matin du 11 mai 1865 Bartolomé Gourmès prépara dans un panier d’osier un échantillon des plus belles fraises de son jardin et se rendit avec toute sa famille endimanchée au Bois-Sacré où sa fille Jeanne put remettre le présent à l’Empereur entouré des officiels et sous le regard de la communauté blidéenne  parmi laquelle de nombreux mahonnais dont son futur époux.

Jean-Baptiste Ségui  (2007)

Les documents ce-dessus sont extraits du livre

BLIDA

Récits

selon

 La légende, la tradition et l'histoire

par le Colonel C. Trumelet

Extraits du Chapitre I

 Un jour, — c'était en septembre 1860, - Blida est prise d'une folle joie : elle vient d'apprendre que le maître de la France, en route pour visiter son royaume d'Afrique, doit s'arrêter dans ses jardins, qu'on lui a dépeints, sans doute, beaux à humilier ceux d'Armide; soudain la coquette, qui sait qu'un brin de toilette n'est jamais de trop, même pour une jolie fille, se met à se parer de ses plus beaux atours : ses rues sont balayées à fond; ses maisons sont badigeonnées en rose; elle met des arcs-de-triomphe en calicot dans sa chevelure; les chemins par lesquels on arrive à elle, habituellement plus accidentés que le dos d'Esope, sont nivelés à faire envie au lac tranquille; leurs fossés sont rasés de frais; les buissons et les arbres sont époussetés; les feuilles mortes sont remises en couleur et passées au vernis. Quelques auranticoles, professant hautement ce principe avancé que le premier devoir d'une orange est d'être jaune, risquèrent, dit-on, le flatteur anachronisme de donner cette couleur à leurs fruits, qui avaient l'impertinence d'être encore verts.

Après une vive discussion, le Jardin public avait été choisi comme le lieu le plus convenable pour recevoir les illustres hôtes qui daignaient honorer Blida de leur présence; mais il y avait beaucoup à faire — et il ne restait que peu de temps -- pour le rendre digne des augustes visiteurs. On se mit aussitôt à l'œuvre : on éleva une  porte monumentale sommée d'une paire de bou­les; — la grille devait venir plus tard; — on bâtit un kiosque de style moresque pour faire pendant à la koubba du saint maraboulh ; — il attend encore son emploi; — les allées furent ingénieuse­ment semées de cailloux de l'ouad Sidi-El-Kbir; — quelques pieds délicats eussent préféré du sable; mais on sait combien il est rare en Afrique; le tracé fut rectifié; les plates-bandes furent sarclées, écobuées, ratissées, hersées, peignées, démêlées; les fleurs furent relevées et encouragées par des douches salutaires et des bains de pied; les arbres furent échenillés et émondés; les chaises rustiques portées chez l'orthopédiste ; les grenouilles chassées impitoyablement de la grande mare, que l'on emplit d'eau claire. En peu de jours, grâce au zèle, à l'activité, au bon goût de l'horticulteur en chef, la broussaille publique était transformée en un délicieux jardin, qui n'avait plus guère que le défaut d'être un peu éloigné de la ville et de faire vis-à-vis à un abattoir,... Ah! pourquoi les affaires de l'État, disait-on alors, ne permettent-elles pas au gracieux souverain de venir nous voir tous les ans? Blida serait bien vite un lieu de délices, et aurait promptement supplanté Damas, qui se flatte tou­jours d'être l'Éden de l'Orient !

 

NB: Vous pouvez retrouvez et télécharger la totalité du livre du Colonel TRUMELET -   BLIDA -Récits selon la légende, la tradition et l'histoire sur le site

  http://www.algerie-ancienne.com/livres/Documents/docum2.htm