Dimanche 21 mai 2017.....

 

En passant par Marguerittes..........j'ai rencontré des blidéens.... des blidéens heureux de se retrouver cette année encore au Mas Praden, rencontre organisée cette fois encore par les enfants Climent......

Et cette année, ils sont venus des 4 coins du monde... Un est venu du Canada, un autre de Thailande et tous les  autres de France. Cette réunion  a inspiré notre ami Charles Antoine qui nous a écrit ces quelques lignes.

Mas Praden ; Marguerittes, Gard, Languedoc Roussillon, Fance, Europe, Monde , de ce dernier balcon Praden n’est qu’un point qui fait centre .

 Ils viennent de tout horizon, ont parcouru des kilomètres , ces ultimes maillons de générations engagées parce qu’éjectées, parachutées  

 Algérie, Générations vivants loin des politiciens et des théoriciens, persuadées qu’elles étaient la force de leur pays, oh !sans se sentir des  parangons de vertu,  En cette terre Algérienne, leurs vies étaient des discours et leurs actes des prédications faits de constances,  d’égarements, mais souvent justifiés en termes de droits avec plus ou moins d’hypocrisie par les journaux nationaux, relais des politiciens. Avec ce point final « de Dunkerque à Tammamrasset,, » ponctué d’un « je vous ai compris , mais ne vous soutiendrai jamais ! »

 Que reste t il de ce passage en l’autre rive qu’avons nous transmis par filiation ? Pas de biens mobiliers, immobiliers, ou fonciers, pas de statuts ou de noms particuliers, restent nos caractères physiques, nos comportements nos mots, retrouvés un 21 mai 2017 au centre de l’univers, je dis Mas Praden.

 Au Mas Praden, Les souvenirs circulent au milieu de nous , nous habitent , plongent en nous, non seulement notre pensée entend cet empan du temps mais se reconstitue lentement, reprend racine, en vit de nouveau, ni l’espace ni le temps ont fait oubli ,a travers des détails voici matérialisés des traits d’union oubliés, enfouis quelque part, et pourtant nouveaux

 A quelle adresse êtiez vous ? Nous sommes sur le chemin qui y conduit ! Nous rencontrons des êtres avec lesquels nous avons partagé des instants de vie ,de voisinage, des bancs de classe, un voyage , une instruction militaire et tant d’autres d’autres moments.

 Le Mas évite que ces choses s’effilochent en toute simplicité. Et qu’en repartant chez soi  chacun porte au coin de la mémoire un lot de souvenirs, porté par l’intensité du moment. du lieu , vivre en son for intérieur, un je ne sais quoi qui irradie et pousse à la prochaine rencontre au long cours d’une année .

Alain SCHLAPPI résume «  nous n’avons plus de lieu de retour , il nous reste le vécu »

 J’en ressens une émotion en réalisant que ceux à qui il revient d’en raconter l’histoire, d’en transmettre le sens s’ échappent. De même les consciences pour hériter, questionner, méditer, de ces moments accomplis par nos générations renoncent, Aujourd'hui l’Européen Algérien est en situation de rescapé , passager du paquebot "rapatrié " quelquefois rencogné au fond de la cale, pour une traversée qu’il n’attendait pas ; étonné de participer aux fêtes qui se déroulent sur le pont des premières

 C’est bête, me semble-t-il. Mais c’est ça la vie !

 

Mas Praden Marguerittes Trois lettres , c’est tout, pour « un marathon que Sisyphe ne renierait pas. 

 C. Antoine

Ces retrouvailles sont souvent l'occasion de ressortir de vieilles photos et de faire le tour des tables pour reconnaitre les uns et les autres. Cette année, l'un des participants, Moreno, m'a laissé sa collection de photos que vous pouvez voir ci-dessous.